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Sacrements

La Réconciliation

La réconciliation est une dimension essentielle de la foi chrétienne. Ce sacrement nous fait vivre ce qu’a réalisé Jésus lui-même, signe de la miséricorde infinie de Dieu. Le cœur du Christ est brûlant d’amour pour les Hommes, son seul désir est que nous fassions l’expérience de sa grande et profonde miséricorde, en accueillant son pardon par la confession de nos péchés. Ce sacrement appelé sacrement de la pénitence et de la réconciliation est indissociablement un temps de reconnaissance du péché et de renaissance spirituelle pour les baptisés.

Se reconnaître pécheur, se reconnaître coupable mais le reconnaître devant Dieu, c’est entrer dans une démarche de confiance car Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il vive. Dieu nous accueille dans notre faiblesse, son amour est plus fort que toutes nos ruptures. La lumière de Dieu se révèle dans nos ténèbres et nos souffrances, la douleur de nos péchés est nécessaire pour recevoir le sacrement du pardon.

Se réconcilier c’est changer sa façon de penser, de se comporter, de regarder l’autre et, tout en reconnaissant son manque d’amour, être capable d’un véritable changement.

La réconciliation permet à chacun d’exercer sa liberté. Dans le sacrement de réconciliation, la démarche de confesser son péché personnellement auprès d’un prêtre, permet une prise de conscience lucide devant l’Eglise. Le prêtre invite alors à la conversion. La pénitence proposée au pécheur est à la fois un signe de réparation et une action de grâce pour le pardon reçu. Ce sacrement nous accorde la consolation du pardon reçu du Seigneur et fait grandir notre relation avec le Christ et son Eglise.

Le Baptême fait de nous des saints ; il nous introduit dans la communion des saints, il fait de nous des membres du Corps du Christ. Mais pour autant, il ne nous met pas à l’abri de tout péché. Tant que nous sommes sur cette terre, nous sommes des pèlerins, en marche vers le Royaume. Bien sûr, il nous arrive de tomber. Tomber, ce n’est pas grave si on se relève, et c’est le Seigneur qui nous relève.

Le péché détériore l’état de sainteté dans lequel le Baptême nous a fait entrer ; il abîme le visage de l’Eglise qui est le Corps du Christ, il est comme un reniement de notre Baptême. Le sacrement de la Réconciliation nous apporte le pardon de nos péchés et nous permet de retrouver la fraîcheur de notre Baptême.

En recevant ce sacrement, nous sommes donc réconciliés avec Dieu. Il nous réconcilie aussi avec l’Eglise et avec nos frères. Il nous donne la paix et la sérénité et fait grandir nos forces spirituelles pour vivre en chrétiens.

Tout au long de l’Evangile, Jésus manifeste un amour de prédilection pour les faibles et les pécheurs ; il aime prendre ses repas avec eux, il leur pardonne leurs péchés, il les relève, il leur « fait grâce ». La plupart du temps, les Juifs en sont scandalisés, car, selon eux, Dieu seul a le pouvoir de remettre les péchés.

Jésus-Christ est le médecin de nos âmes et de nos corps. Dans l’évangile de saint Marc au chapitre 2, on voit Jésus qui pardonne ses péchés au paralytique et lui rend la santé du corps.

Et le soir de Pâques, Jésus ressuscité transmet aux apôtres le pouvoir de remettre les péchés : « Recevez l’Esprit Saint, leur dit-il. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » (Jn 20, 23).

L’Église célèbre et accueille la miséricorde de Dieu par ce sacrement. Celui-ci peut se vivre sous deux formes :

  • Célébrations communautaires : On prépare ensemble cette démarche qui s’accomplit ensuite personnellement. Les célébrations ont lieu lors des temps forts liturgiques : Avent, Carême...
  • Rencontres individuelles (s’adresser directement à un prêtre).

Quelle que soit la manière dont il est célébré, le sacrement de la Réconciliation comporte toujours l’aveu de son péché et, après un renvoi à la miséricorde de Dieu, l’absolution donnée par le prêtre. La façon la plus simple et la plus habituelle pour recevoir ce sacrement est de s’adresser à un prêtre. Cela peut se faire dans toute église, et certaines églises de Paris ont même des confesseurs disponibles à longueur de journée : La Cathédrale Notre Dame, l’église Saint Louis d’Antin, la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre.

* A la Paroisse Saint Thomas Apôtre, à Sarcelles, la confession individuelle est proposée pendant la veillée d’adoration du Saint Sacrement qui à lieu tous les derniers mercredi du mois.

La rencontre avec le prêtre se fait seul à seul, dans le secret. Si on ne sait pas comment s’y prendre, cela n’a aucune importance, le prêtre est là pour guider la démarche.
Des paroisses organisent aussi des célébrations communautaires de ce sacrement, et des journées du pardon, en particulier à l’approche de Noël (Avent) et de Pâques (Carême). La dimension ecclésiale de ce sacrement y est plus marquée, et souvent la Parole de Dieu qui nous fait miséricorde y est mieux mise en valeur. Mais l’aveu y est toujours secret et le pardon est toujours le même : « Je te pardonne tous tes péchés, au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit », ce qui est comme une reprise de la formule prononcée, celle-ci une fois pour toute : « Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. »
L’Eglise nous enseigne qu’une vraie réconciliation ne peut être que le fruit d’une conversion, d’un changement de cœur, d’une nouvelle façon de penser. Seule la grâce de Dieu peut créer en nous un cœur nouveau. Le travail de la conversion doit commencer dans nos cœurs, dans les petits sacrifices quotidiens requis pour être fidèles à la loi de Dieu, dans les petits gestes par lesquels nous manifestons que nous aimons notre prochain, dans la disponibilité à collaborer avec Lui pour construire ensemble un avenir sur des bases solides et durables.

Toute personne qui a déjà été baptisée peut et doit recevoir le sacrement de réconciliation. Une personne non baptisée peut rencontrer un prêtre, lui parler de sa vie et des fautes qu’elle regrette. Le prêtre peut ainsi lui apporter une lumière sur sa vie et l’aider à se rapprocher de Dieu, mais il ne peut pas lui donner le pardon de ses péchés, car il faut être baptisé pour recevoir un sacrement.

Qu'est-ce que le péché ?

Le péché est la transgression de la loi divine. L’Eglise enseigne qu’il existe deux sortes de péché :
  • Le péché mortel : un choix libre et délibéré d’un objet, un acte, connu gravement mauvais et qui détruit l’amitié avec Dieu et nous en sépare.
  • Le péché véniel : une légère offense envers Dieu et qui affaiblit notre relation avec lui mais ne la détruit pas.

Aujourd’hui dans le langage courant, le péché fait sourire quand on l’associe à la gourmandise ou il fait peur quand on l’associe au "péché mortel". La société contemporaine refuse souvent de regarder en face la réalité du péché. Dans son encyclique « Réconciliation et Pénitence », le pape Jean-Paul II suggère que le péché caractéristique des temps modernes consiste en « la perte du sens du péché ».
Le péché de l’homme est en fait tout manquement à l’amour. Le Dieu que nous adorons s’est révélé en Jésus-Christ comme le Dieu d’amour. La loi du Christ est la loi d’amour : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » dit Jésus dans son discours après la Cène. Déjà, dans l’Ancien Testament, on pouvait lire dans les 10 commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit ; tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Le péché est toujours un manquement à l’amour :

  • Soit à l’amour que nous vient de Dieu : refus d’accueillir cet amour, d’écouter sa parole et d’y conformer notre vie 
  • Soit à l’amour envers notre prochain et envers nous-mêmes. Ces manquements à l’amour vont être plus précisément des manquements à la foi envers Dieu, à la charité envers notre prochain et à l’espérance envers nous-mêmes et ils pourront se décliner de mille façons, en pensée, en parole, par action et par omission.

Le chapitre 15 de l’Evangile selon Saint Luc, en particulier la parabole du fils prodigue, illustre fort bien tout à la fois notre péché et la miséricorde de Dieu.

Qu'apporte la confession ?

La grâce sacramentelle de la réconciliation est une grâce qui nous aide à résister aux tentations, à éviter les occasions du péché et à nous corriger des mauvaises habitudes. Pour cela il faut se confesser souvent. L’Eglise demande au moins une fois par an à l’occasion de la fête de Pâques. Le Pape Jean-Paul II se confessait une fois par semaine.

Comment se passe habituellement la confession ?

Le sacrement est donné dans un dialogue de prière entre le prêtre et le pénitent. Le pénitent demande le pardon de Dieu et avoue ses péchés. Le prêtre aide le pénitent à mesurer la grandeur de l’amour de Dieu et de sa miséricorde. Le pénitent dit une prière de "contrition" c’est à dire de repentir. Le prêtre donne "l’absolution", le pardon des péchés, de la part du Seigneur et invite le pénitent à un acte concret ou à une prière manifestant une ferme volonté de vivre le pardon de Dieu.

Quels sont les actes qui constituent le signe sacré de la pénitence ?

Les actes qui constituent le signe sacré de la pénitence sont : la contrition (le regret sincère de nos péchés), la confession (dire ses péchés au prêtre qui ne les répétera pas à qui que ce soit) et l’intention de la réparation et des efforts pour ne plus pécher.

Que faut-il faire pour recevoir la confession dans de bonnes conditions ?

Pour recevoir le sacrement de la réconciliation, il faut :
  • 1. Regretter très sincèrement ses péchés : c’est la contrition
  • 2. Examiner sa conscience pour bien dire tous ses péchés
  • 3. Accuser très sincèrement et clairement ses péchés au prêtre : c’est la confession
  • 4. Accomplir la pénitence imposée par le prêtre-confesseur : c’est la satisfaction sacramentelle qui est un début de la réparation des péchés
  • 5. Prendre la résolution de faire effort pour éviter de pécher et les occasions de pécher
  • 6. Réparer si possible les torts commis par les péchés et qui sont pardonnés : c’est la réparation. Car un péché pardonné, n’est pas pour autant un péché réparé. On répare, au mieux, les conséquences des péchés par la prière, les sacrifices et l’usage des sacrements reçus dans de bonnes conditions.
Comment se déroule une confession ?

Voici un schéma pratique de confession :
  • Bénissez-moi, mon père, parce que j’ai péché.
  • Il y a (tant de temps) que je ne me suis pas confessé.
  • Depuis, voici les péchés que j’ai commis
  • Envers Dieu...
  • Envers mon prochain...
  • Envers moi-même...
  • J’en demande pardon à Dieu, et à vous mon père pénitence et absolution.
  • Le prêtre ensuite
  • Peut éventuellement poser l’une ou l’autre question qui lui semblerait utile,
  • Prononce la formule d’absolution,
  • Propose une pénitence, qui sera le plus souvent une prière ou une méditation d’un passage de l’Evangile,
  • Invite à repartir dans la paix.
Un psaume à méditer pour se préparer à la Réconciliation
Psaume 50
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.
Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.
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